LA GRANDE CLASSE
21 mai 2007En étant dernièrement le spectateur émerveillé de concerts de Loïc Lantoine et de Bertrand Belin, je me disais que ces gars avaient la grande classe. Ils réussissaient une chose qui devient rare : donner sur scène une énergie incroyable sans démesure et sans surenchère sonore.
Sans rire, Loïc Lantoine est bien plus rock and roll que tous ces groupes qui posent et se prennent pour des rebelles parce qu’ils mettent de la distorsion sur leurs guitares. Son inventivité sonore, dans la musique comme dans les mots, est époustouflante. Sa présence scénique est renversante. Lui et son fidèle acolyte (le toujours incroyable François Pierron) s’entourent de plus d’une équipe de musiciens qui change selon les périodes. De ce fait, aucun n’est obligé d’annuler d’autres projets pour la tournée (respect des musiciens) et chacun y trouve plus de plaisir (car ils sont créatifs et ont le goût du risque). Côté public, le concert est un moment véritablement unique et privilégié. Et LL plane au dessus de tout ça avec talent et générosité.
Au jeu des « 1000 bornes », il y a « l’as du volant ». Avec ça, tu n’as jamais d’accident, tu peux tout te permettre. Bertrand Belin, c’est l’as de la guitare. Mais, dieu merci, pas dans le côté démonstratif. Plus Marc Ribot,que Joe Satriani. Sur scène, BB sort des solos hallucinants d’élégance et d’énergie, tout en virevoltant comme un diablotin. Et jamais d’accident ! Il garde dans le jeu une aisance et un phrasé exceptionnel. Mais le réduire à ses qualités de guitariste serait lui faire injure car tout le reste est du même acabit : les compositions, les textes, le chant, les arrangements, le groupe… tout est dans la finesse, la justesse. Enfin je suis jaloux, quoi !
Donc, ils ont la grande classe. Ils sont magnifiques quand tant d’autres sont pathétiques. Et c’est aussi parce qu’ils sont drôles, parce qu’ils ne se prennent pas au sérieux, et ça aussi, ça fait du plaisir.
Pour info, LL c’était au Confort Moderne à Poitiers (une salle à la programmation imparable) et BB, c’était au Café de la Danse à Paris.






